Étape 8 – De la crevette à l’Art de l’estampe japonaise

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, si ce n’est pour le nombre de kilomètres… Encore plus de 27 km dans les jambes aujourd’hui, cette fois sous un ciel très nuageux.

Le Mont Fuji avait décidé de ne pas me saluer pour mon départ à l’aube. Alors qu’il m’avait accompagné toute la journée la veille, ce matin, il  a décidé de bouder et a choisi de se dissimuler dans la brume. Un peu rancunier, je lui ai donc tourné le dos sans un regard, direction Okitsu, dans la banlieue de Shizuoka, plus au sud.

Les premiers kilomètres m’amènent dans  le village côtier de Kanbara, à moins que l’on doive qualifier cette bourgade de petite ville. Il s’agit en fait d’une série de maisons vieillottes alignées essentiellement le long de l’ancienne route du Tokaïdo, le tout coincé entre l’autoroute qui suit la côte et les voies de chemin de fer à flanc de montagne. Aucun doute sur la spécialité locale, nous sommes au pays de la crevette. Une belle paire de crevettes géantes salue d’ailleurs l’arrivée de tout nouveau visiteur. Tout ici vous rappelle la spécialité locale. Même les panneaux de circulation arborent la mascotte aux antennes retroussées. Chaque boutique ou presque vous propose une variété au moins de crevettes séchées, de crevettes en poudre, de biscuits à la crevette et de crevettes fraîches aussi bien sûr. Comme si ça ne suffisait pas, même l’odeur est omniprésente. Je vous rassure, on s’habitue.

Après une petite pause au port, je reprends la route jusqu’au village suivant : Yui. Cette localité n’aurait aucun intérêt si elle n’était le siège du musée consacré au grand maître des estampes japonaises, Utagawa Hiroshige, particulièrement connu justement pour avoir représenté sur ses estampes les 53 stations de la route du Tokaïdo. Le musée se situe sur le site d’une ancienne auberge réservée à la noblesse et en a gardé le mur d’enceinte et le jardin. L’entrée est gardée par des tortues d’eau douce qui vous regardent passer d’un œil soupçonneux. Le musée est petit mais contient les premières éditions des 53 stations du Tokaïdo d’Hiroshige. Un vrai régal pour les yeux, car je me suis imprégné de ces estampes en préparant mon voyage. J’en ai les 53 reproductions à la maison, alors voir les originaux ici est un beau moment pour moi.

Je quitte Yui en contournant la montagne et en longeant l’océan. Malheureusement, l’autoroute en fait autant, ce qui rend le paysage très décevant. Par ailleurs, sur plus de 4 kilomètres, une digue de béton gigantesque a été érigée afin de protéger cette partie de la côte contre les effets dévastateurs d’un éventuel tsunami. Le paysage laisse donc à désirer et le seul point d’intérêt avant que je n’achève ma marche du jour sera le Seiken-Ji, un magnifique temple bouddhiste construit à l’entrée d’Okitsu. Ces 27 km, additionnés à ceux de la veille, se ressentent dans les muscles ce soir et une bonne nuit de sommeil fera du bien, avant une journée un peu plus « légère » demain : 12,5 k jusqu’à Sunpu.

Merci de me suivre et belle journée à vous toutes et tous qui me lisez !

Nicolas

Maintenant que j’ai réalisé le tiers de ma marche, je vous invite à marquer votre soutien à l’organisme pour lequel je réalise cette action, Continents Pluriels. Votre contribution, aussi petite soit elle, fera une différence concrète dans la vie de plusieurs enfants. Merci d’avance pour eux !
> Pour contribuer, cliquez ici

Written by 

2 thoughts on “Étape 8 – De la crevette à l’Art de l’estampe japonaise”

  1. Je le répète j’admire ton courage solidaire et ta force curieuse qui tous deux t’animent à nous partager ce que tu découvres avec tant de passion. J’adore te lire mon ami. Bon je ne serais pas entrée au pays des crevettes, ou j’en serais pas ressortie, mais les estampes et les paysages, ouah, tu me donnes envie de les voir de mes yeux!

  2. Wow ! Je prends seulement maintenant le temps de découvrir ton « nouveau monde »… Je suis tellement heureuse de ce que tu réalises, bien sûr pour toi, mais aussi pour Continents Pluriels et aussi pour tous ceux qui ont des rêves qu’ils ne pensent pas réalisables… Et pourtant! Ce que l’imagination peut nous amener à faire dépasse de loin ce qu’on pourrait croire être possible!
    Merci Nicolas, je t’encourage et te félicite!
    Plein de becs franco-québécois 🙂

Répondre à Cécile Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *